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L’ennemi caché
Il se livre actuellement une bataille contre un ennemi qui n’est pas évident mais qui nous menace silencieusement sous la forme de substances chimiques synthétiques. De nombreuses gens ignorent peut-être qu’un mouvement de lutte pour le changement s’est engagé depuis un certain temps. Au cours des dernières décennies, plusieurs voix se sont élevées pour sonner l’alarme, et il nous incombe de tenir compte de leurs avertissements.

Il y a quarante ans, Rachel Carson fut l’une de ces voix solitaires. Après avoir consacré la majeure partie de sa vie au domaine de la biologie marine et constaté ce qui était en train de se produire dans le monde naturel, elle tenta d’attirer l’attention sur le sort inquiétant de l’environnement, notamment dans son ouvrage intitulé Silent Spring (Le printemps muet). Lors de l’une de ses dernières conférences, Rachel Carson déclara : « nous exposons des populations entières à des produits chimiques dont les expériences sur les animaux ont prouvé les effets extrêmement toxiques et, dans de nombreux cas, cumulatifs. Cette exposition commence à la naissance ou même avant et, si nous ne changeons pas nos méthodes, se poursuivra pendant toute la vie de nos contemporains. Personne ne connaît le résultat d’une telle exposition car nous ne disposons d’aucune expérience précédente pour nous guider.»

En fait, nous connaissons aujourd’hui les résultats. L’exposition aux substances chimiques synthétiques a entraîné une augmentation marquée des troubles de santé aussi bien chez les personnes âgées que chez les jeunes. Au bout de seulement six mois d’allaitement au sein, un bébé né en Amérique du Nord ou en Europe a absorbé la dose maximale recommandée pour toute une vie de dioxine. Ce bébé reçoit aussi cinq fois le taux quotidien autorisé de PCB établi par la norme de santé internationale pour un adulte pesant 150 livres. Le cancer du sein est aujourd’hui la principale cause de décès chez les femmes d’Amérique du Nord. Dans les pays occidentaux, les troubles de la prostate se manifestent chez 80 % de la population masculine avant 70 ans.

Un livre intitulé Our Stolen Future (Notre avenir volé) suit la voie tracée par Rachel Carson. Ce récit inquiétant présente des constatations scientifiques liant les substances chimiques synthétiques à un développement sexuel précoce et irrégulier ainsi qu’à des troubles du comportement et de la reproduction. Les produits chimiques fabriqués par l’homme perturbent les systèmes hormonaux délicats du corps humain. En 1991, un groupe de spécialistes a conclu que « les perturbateurs hormonaux (substances chimiques) qui menacent la survie des populations animales compromettent aussi l’avenir de l’espèce humaine. » Il se produit une hausse des cas de stérilité, de faible numération des spermatozoïdes, de difformités des organes génitaux, de troubles neurologiques chez les enfants tels que le TDA (trouble déficitaire de l’attention) et de cancers humains déclenchés par des perturbations hormonales.

Our Stolen Future décrit une expérience effectuée en 1987 dans le cadre de la recherche sur le cancer du sein. Les médecins Ana Soto et Carlos Sonnenschein étudiaient les raisons pour lesquelles les cellules se multiplient et pourquoi leurs échantillons de cellules mammaires cancéreuses proliféraient rapidement. L’un des principaux traitements du cancer du sein consiste à réprimer la production d’œstrogène dans l’organisme. Au départ, les médecins ignoraient que les nouvelles éprouvettes en plastique libéraient une substance chimique synthétique possédant une action œstrogène, qui entraînait la prolifération des cellules mammaires cancéreuses. Il fallut deux ans pour découvrir le nom de la substance chimique en question – le p-nonylphénol – du fait que le fabricant des éprouvettes refusait de révéler ses secrets de fabrication. Les fabricants ajoutent des nonylphénols aux plastiques pour les rendre plus stables et moins cassants – les pellicules de plastique pour aliments en sont un parfait exemple. Leur recherche continue révéla que la dégradation des substances chimiques présentes dans les détergents industriels, les pesticides et même les produits de soins personnels pouvait produire du nonylphénol. Ce n’est là qu’un de nombreux ennemis cachés. On utilise à travers le monde environ 100 000 substances chimiques synthétiques et 1 000 nouveaux produits chimiques sont mis en usage chaque année.

Tout ceci démontre que pour les grandes entreprises, les bénéfices sont plus importants que notre santé. Cela dit, nous avons aussi notre part de responsabilité : nous sommes trop prompts à acheter des produits pratiques sans réfléchir aux conséquences. À titre de consommateurs, nos choix quotidiens peuvent réduire de façon considérable notre exposition aux substances chimiques synthétiques.

Ainsi … que pouvez-vous faire pour protéger votre santé et celle de vos enfants ?

TENEZ-VOUS AU COURANT – informez-vous. Lisez les livres et les articles qui traitent des questions importantes pour les consommateurs et les produits. Votez pour les politiciens qui soutiennent la protection de l’environnement et des directives plus sévères et rigoureusement appliquées concernant la fabrication des produits.

QUESTIONNEZ LES FABRICANTS – si vous n’obtenez pas de réponse satisfaisante, achetez autre chose. Les entreprises cesseront de fabriquer les produits que personne n’achète.

CHOISISSEZ VOS ALIMENTS AVEC SOIN – les enfants et les femmes en âge de procréer devraient éviter le poisson d’élevage, qui peut être contaminé par les dioxines, les PCB, le DDE et les antibiotiques. Réduisez votre consommation de graisses animales – présentes dans le beurre, le fromage, l’agneau, le bœuf et autres viandes – pour réduire votre exposition aux substances chimiques qui perturbent les hormones et qui se propagent dans la chaîne alimentaire par le biais des matières grasses. Choisissez un régime riche en légumes, céréales et poisson sauvage. Choisissez des aliments biologiques dans la mesure du possible.

PRODUITS DE SOINS CORPORELS – les substances chimiques des produits de soins personnels pénètrent dans l’organisme de nombreuses façons – dentifrice, déodorant, cosmétiques, hydratants. Lisez les étiquettes et faites des choix avisés.

PRODUITS POUR BÉBÉS - évitez les biberons en plastique à garniture en plastique mou. Utilisez des biberons de verre. Achetez des jouets exempts de substances chimiques pour vos enfants.

INFORMEZ-VOUS SUR LA SOURCE DE VOTRE EAU – si vous buvez de l’eau de puits, songez à la contamination de la nappe phréatique. Ne prenez pas pour acquis l’innocuité de l’eau en bouteille, surtout si elle est embouteillée dans du plastique. Si votre approvisionnement en eau est suspect, songez à distiller votre eau potable.

LAVEZ-VOUS LES MAINS FRÉQUEMMENT – les substances chimiques synthétiques se vaporisent et se déposent sur les comptoirs, les tables, les meubles et les vêtements. Le fait de se laver les mains est un moyen facile de réduire son exposition.

PESTICIDES – ne présumez jamais qu’ils sont sans danger, quoi qu’en dise l’étiquette. Les études indiquent des taux plus élevés de cancer parmi les enfants et les chiens qui vivent dans des foyers où l’on utilise des pesticides dans la maison et le jardin.

CONTENANTS POUR ALIMENTS ET BATTERIE DE CUISINE – réduisez au minimum le contact entre le plastique et les aliments. Évitez de réchauffer ou de cuire des aliments au micro-ondes dans des contenants en plastique ou dans une pellicule de plastique. Certains plastiques peuvent être sans danger – mais jusqu’à ce que les fabricants et les détaillants de produits en plastique puissent garantir que ces produits ne libèrent pas de substances chimiques – méfiez-vous. Évitez les ustensiles de cuisine en aluminium et à revêtement antiadhésif. Le produit chimique nommé acide perfluoro-octanoïque (APFO), présent dans les produits de consommation tels que les poêles antiadhésives et les contenants de prêt-à-manger, présente une nouvelle menace de cancer. Les autorités américaines s’en inquiètent et préconisent une importante réduction de l’utilisation d’APFO.

VÊTEMENTS – portez des fibres naturelles telles que le coton, la laine et la soie. N’utilisez pas de produits assouplissants – cela équivaut à porter des produits chimiques!

MÉDICAMENTS SUR ORDONNANCE – rappelez-vous que les médications pharmaceutiques sont synthétiques.

SUPPLÉMENTS NUTRITIONNELS – ajoutez des suppléments nutritionnels à votre régime alimentaire pour soutenir votre système immunitaire et favoriser la détoxication. Prenez tout au moins des produits de base quotidiens – BarleyLife® , AIMega® et Herbal FiberBlend® ou FibreBalance® .

Rappelez-vous que vous êtes un organisme biologique qui réagit mieux aux produits biologiques naturels, dans un environnement biologique. Protégez-vous et protégez ceux qui vous sont chers contre l’ennemi caché.